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24 ans après: rétablir la vérité sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl

24 ans après le drame de Tchernobyl, la catastrophe écologique et sanitaire continue à faire des victimes dans les zones contaminées en Biélorussie et en Ukraine. En effet, 80% des enfants vivant dans les zones contaminées présentent des pathologies liées à la contamination interne -via l’ingestion d’aliments contaminés et la contamination des nappes phréatiques- affectant les populations génération après génération.

Pour témoigner de l’état sanitaire de ces victimes oubliées, j’ai invité au Parlement européen à Strasbourg cette semaine des scientifiques dont l’intégrité scientifique n’a d’égale que leur renommée internationale: le professeur Alexey Yablokov (ancien conseiller environnemental du président Boris Eltsine et membre de l’Académie des Sciences de Moscou), le professeur Youri Bandajevsky (coordinateur du Centre de Réhabilitation des Victimes de Chernobyl en Ukraine) et le professeur Alexey Nesterenko (directeur de l’Institut BelRad, seul organisme scientifique indépendant soignant les enfants irradiés). Youri Bandajevsky n’a pu malheureusement faire le voyage, à cause du nuage volcanique.

Cette invitation avait pour but de présenter leurs études les plus récentes aux députés européens et surtout rendre hommage à leur travail de mémoire, de justice et de vérité.

Il s’agit bien de rétablir une vérité historique jusque là bafouée par les liens existants entre l’Agence Internationale de l’Energie Atomique et l’OMS*: les chiffres officiels fournis par ces agences de l’ONU (environ 50 morts) ont volontairement été sous-évalués afin de protéger la réputation de l’industrie nucléaire. N’oublions pas que l’AIEA a pour but de promouvoir le nucléaire civil et que cette mainmise sur l’OMS a empêché jusque là toute amélioration de l’évaluation sanitaire des victimes.

En effet, aucune étude épidémiologique n’a été effectuée en 24 ans afin d’évaluer la santé des liquidateurs et celle des populations vivant en territoire contaminé. Pour y parvenir, il faut donc promouvoir des recherches indépendantes à ce sujet.

C’est pourquoi je soutiens pleinement le centre Belrad, mais aussi la création d’un centre de santé par Youri Bandajevsky en Ukraine, afin d’assurer un véritable suivi sanitaire. Je me rendrai le mardi 27 Avril à Kiev afin de présider une conférence sur le soutien aux populations irradiées. Ces projets indépendants souffrent malheureusement d’un manque de financements, provoquant le délabrement des équipements sanitaires mis à disposition des malades. En cela, l’UE peut et doit jouer un rôle financier décisif afin de garantir le bon fonctionnement de ces organisations. N’oublions pas que c’est bien le sacrifice des 800 000 liquidateurs qui a empêché une contamination massive au niveau européen.

*voir l’accord WHA 12-40 du 28 mai 1959 dont la conséquence est la perte de toute compétence de l’OMS en matière de rayonnements ionisants. Pour plus d’information visiter le site de l’appel pour l’indépendance de l’OMS: http://www.independentwho.info/

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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