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20minutes.fr : « L’Europe ouvre une enquête sur le Médiator »

EXCLUSIF – L’Office de lutte anti-fraude a décidé d’ouvrir une enquête interne pour «vérifier les allégations de conflits d’intérêts» au sein de l’Agence européenne du médicament…

Il aura mis quelques mois à prendre sa décision. Mais finalement, l’Office européen de lutte anti-fraude (Olaf) a décidé, vendredi 22 juillet, d’ouvrir une enquête interne sur les responsabilités européennes dans l’affaire du Médiator. Six mois après l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), c’est donc cette fois-ci l’Agence européenne des médicaments (EMA) qui est clairement visée.

Plusieurs conséquences possibles
Dans le document d’enquête que 20 Minutes a pu consulter, l’Olaf précise qu’il «va vérifier les allégations de conflits d’intérêts» au sein de l’EMA. Avec plusieurs conséquences possibles: «Classement sans suite, recouvrement financier, saisine des autorités disciplinaires de l’organe communautaire concerné et/ou renvoi du dossier aux autorités judiciaires nationales.»

«Des canards boiteux à dénoncer»?
La décision de l’Olaf fait suite à une saisine, à la fin-février, par deux eurodéputées Europe Ecologie: Eva Joly et Michèle Rivasi. Cette dernière se félicite, aujourd’hui, de la tournure des événements. «L’histoire du Médiator n’est pas qu’une histoire française, confie-t-elle. S’il y a des canards boiteux à l’échelle européenne, il faut les dénoncer.»

Selon nos informations, l’Olaf a de grandes chances d’en trouver. Le 4 avril dernier, 20 Minutes a ainsi publié un dossier démontrant l’existence de conflits d’intérêts entre certains experts de l’EMA et des laboratoires. La mise sur le marché du Valdoxan (aujourd’hui sous surveillance) a été validée par deux expertes portugaises qui entretenaient des liens avec Servier, pouvait-on notamment y apprendre.

L’EMA déjà critiquée le 11 mai dernier
Aujourd’hui, Michèle Rivasi et Eva Joly plaident pour une refonte du fonctionnement de l’Agence européenne du médicament. Cette dernière est clairement critiquée depuis quelques mois au sein même du Parlement européen. Le 11 mai dernier, les eurodéputés réunis à Strasbourg ont ainsi refusé d’octroyer «la décharge» de l’EMA en séance plénière.

Derrière ce terme barbare se trouve en fait le symbole du bon fonctionnement des agences européennes. Se faisant, les eurodéputés ont clairement demandé à l’EMA de modifier en profondeur son fonctionnement en raison notamment de la possible existence de conflits d’intérêts.

Deux français dans le viseur
Lors de leurs investigations, les experts de l’Olaf vont sans doute se concentrer sur les cas d’Eric Abadie et de Jean-Michel Alexandre. Le premier, directeur de l’EMA, a toujours nié être en lien avec des laboratoires mais le doute persiste. Quant au second, il a quitté l’EMA il y a peu de temps pour rejoindre…les laboratoires Servier.

Au moment de la saisine, Eva Joly concluait son propos de cette manière: «Quand on veut découvrir s’il y a des conflits d’intérêts, ce n’est pas d’où viennent les experts qu’il faut regarder mais où ils vont…»

—Vincent Vantighem

L’article originel, à lire sur le site de 20 minutes.fr
http://www.20minutes.fr/article/761486/europe-ouvre-enquete-mediator

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  • Communiqué de presse – Strasbourg, 13 novembre 2018

    Avec son objectif d’atteindre la neutralité nette des gaz à effet de serre (GES) dans la seconde moitié de ce siècle, l’Accord de Paris a été salué comme l’accord sur le climat le plus ambitieux à ce jour. Mais il ne peut être ambitieux et efficace seulement si les politiques suivent. Ce mardi 13 novembre 2018, le Parlement européen a approuvé l’accord sur la gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique (+475/-100/Abst 33).  Il ancre le concept de ‘budget carbone’ à l’horizon 2050 dans la législation de l’UE en soulignant la nécessité de parvenir le plus tôt possible à une économie zéro nette émissions.

    Réaction de Michèle Rivasi, eurodéputée du groupe des Verts/ALE et co-rapporteur sur la gouvernance de l’Union de l’énergie réagit :

     

    « Ce règlement va nous permettre de s’orienter vers l’Accord de Paris. Tous les pays de l’UE devront désormais établir des plans d’action nationaux conformes à l’objectif de l’Accord de Paris, qui est de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C, pour atteindre une température de 1,5 °C. Pour la première fois, nous avons ancré dans le droit de l’Union la nécessité de parvenir le plus tôt possible à zéro nette émissions de gaz à effet de serre.

    C’est une première, les objectifs 2030 pour le climat (les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique) devront être alignés sur un budget carbone de l’UE et une stratégie climatique et énergétique à long terme qui soit compatible avec les objectifs de Paris. Cela nécessite de transformer en profondeur les principaux secteurs émetteurs – plutôt que de procéder à des améliorations marginales pour atteindre des objectifs à court terme.

    Cet accord apporte beaucoup de nouveautés dans la législation européenne. Il demande une stratégie européenne et complète sur le méthane, dont l’impact climatique est d’autant plus élevé que la période de référence choisie est courte, étant donné sa coute vie dans l’atmosphère. La gouvernance pointe aussi la pauvreté énergétique qui est un enjeu à ne pas sous-estimer. Aujourd’hui, personne dans l’Union européenne ne devrait avoir à choisir entre se chauffer, se rafraîchir ou manger.

    Cette gouvernance de l’Union de l’énergie et de l’action climatique ouvre la voie à la transparence et à la participation des collectivités locales à construire l’avenir énergétique et climatique de leur pays. L’accès aux informations pertinentes via une plateforme européenne en ligne, ainsi qu’un dialogue permanent avec les parties prenantes dans l’élaboration ou la révision de plans vont permettre de tenir les gouvernements responsables de leurs objectifs.

    A la COP24 à Katowice, l’attention va se porter sur la mise en œuvre de l’Accord de Paris. Ces éléments de bonne gouvernance sont essentiels pour la crédibilité de l’Union européenne sur la scène internationale. Nous demandons maintenant à la Commission d’apporter une réponse sérieuse et concrète au changement climatique et de mettre en place une stratégie à long terme conforme à la dernière recommandation scientifique relative aux défis soulevés dans le rapport spécial du GIEC sur 1,5 °C. Il n’y a pas de temps à perdre ! »

    Intervention en plénière le 13 novembre 2018:

    La gouvernance de l’Union de l’énergie est un bel exemple de réussite européenne:

    Vidéo Europarl TV:

    Réaction de Michèle Rivasi sur la Stratégie climat 2050 de la Commission européenne:

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